Les couvre-sol peuvent-ils eux-mêmes devenir envahissants ?
Oui, et c’est un point important.
Une plante capable de couvrir rapidement le sol possède précisément les caractéristiques qui peuvent aussi lui permettre de coloniser plus d’espace que prévu.
Certaines espèces demandent donc une surveillance particulière, notamment :
- pervenche ;
- bugle rampante ;
- lysimaque rampante ;
- certains lamiers ;
- certains lierres.
La RHS signale notamment la bugle et la petite pervenche parmi les plantes de jardin pouvant devenir gênantes lorsqu’elles se propagent trop librement.
Avant toute plantation, vérifiez aussi les recommandations locales : une espèce parfaitement acceptable dans une région peut devenir problématique ailleurs.
Comment contenir une plante couvre-sol trop vigoureuse
Plusieurs méthodes simples fonctionnent.
Couper régulièrement les bordures
Taillez les tiges qui dépassent de la zone souhaitée.
Installer une bordure physique
Une bordure enterrée ou une séparation nette avec une allée facilite énormément le contrôle.
Diviser les touffes
Pour les géraniums et certaines vivaces, diviser périodiquement permet de contrôler leur extension tout en rajeunissant les plantes.
Ne pas laisser les stolons s’enraciner partout
Pour les fraisiers ou les bugles, retirez régulièrement les nouveaux stolons indésirables.
Les couvre-sol remplacent-ils totalement le paillage ?
Pas immédiatement.
Pendant leur installation, un paillage reste très utile.
À long terme, une couverture végétale suffisamment dense peut toutefois réduire fortement la quantité de paillis nécessaire.
Elle offre également des avantages supplémentaires :
- fleurs ;
- abri pour certains insectes ;
- feuillage décoratif ;
- stabilisation du sol ;
- limitation de l’érosion.
Quel couvre-sol utiliser sous un arbre ?
Le choix dépend surtout de la quantité de lumière et d’humidité disponible.
Sous un arbre caduc avec une ombre légère :
- géranium vivace ;
- épimédium ;
- petite pervenche ;
- fraisier des bois ;
- lamier.
Sous un arbre très dense et dans un sol sec, l’installation est plus difficile car les racines de l’arbre absorbent une grande partie de l’eau.
Dans ce cas, il faut parfois arroser davantage pendant les deux premières années.
La RHS rappelle que les plantes couvre-sol récemment installées ont particulièrement besoin d’eau pendant les périodes sèches, notamment lorsqu’elles poussent sous des arbres.
Quel couvre-sol choisir pour un talus ?
Un talus bénéficie particulièrement d’une couverture végétale, car celle-ci limite aussi l’érosion.
Parmi les options intéressantes :
- thym serpolet sur un talus sec et ensoleillé ;
- petite pervenche à mi-ombre ;
- géranium vivace ;
- bergenia ;
- certains sedums.
Choisissez toujours une plante adaptée à l’exposition plutôt qu’une espèce simplement réputée « vigoureuse ».
Les erreurs à éviter
Choisir une plante uniquement parce qu’elle pousse vite
Une espèce très vigoureuse peut rapidement devenir plus difficile à contrôler que les mauvaises herbes elles-mêmes.
Ignorer le type de sol
Un thym dans une terre constamment humide ou un pachysandra dans une rocaille sèche ne donnera pas de bons résultats.
Ne pas désherber avant la plantation
Les plantes couvre-sol ne sont pas des désherbants.
Elles ont besoin d’un départ relativement propre.
Planter trop clairsemé
Des espaces très larges restent nus pendant des années.
Négliger l’arrosage la première année
Même une plante résistante à la sécheresse doit développer son système racinaire avant de devenir vraiment autonome.
Le meilleur couvre-sol n’est pas forcément le plus agressif
Pour réduire durablement les mauvaises herbes, l’objectif n’est pas de choisir la plante qui « envahit tout » le plus rapidement possible.
Le meilleur couvre-sol est celui qui correspond réellement :
- à votre exposition ;
- à votre sol ;
- à votre climat ;
- à l’espace disponible ;
- au niveau d’entretien que vous souhaitez.
Le thym serpolet convient merveilleusement aux zones sèches et ensoleillées, tandis que le pachysandra, l’épimédium ou la pervenche peuvent être beaucoup plus adaptés sous des arbustes. Le géranium vivace constitue quant à lui une solution particulièrement polyvalente dans de nombreux massifs.
Une fois correctement installées et suffisamment denses, ces plantes occupent progressivement l’espace et réduisent fortement les possibilités de germination des adventices. Mais le résultat le plus durable vient toujours de la combinaison d’un bon choix végétal, d’un désherbage initial soigneux, d’un peu de paillage et d’un entretien régulier pendant les premières saisons.